Si en France, de nombreuses espèces d'oiseaux profitent de leur statut de protection pour s'épanouir dans le pays, de nombreuses espèces protégées sont encore chassées et pas toujours illégalement. Par exemple la chasse aux Grands cormorans qui est à nouveau ouverte sur les étangs de piscicultures en Alsace. Les chasseurs veulent également ré-ouvrir la chasse à la Gélinotte des bois dans le Jura car la population est soit-disant stable après des dizaines d'années de régression, mais elle est loin d'être à un niveau respectable pour la survie de l'espèce. La même chose se passe avec le Grand tétras dans les Pyrénées, dont la loi permet le prélèvement de 4 tétras pour la prochaine saison de chasse.
En Baie de Somme, on retrouve le premier scénario, celui d'une espèce nuisible qui est donc tirée et souvent en grand nombre. L'espèce concernée, ou plutôt la famille concernée, est celle des laridés (famille des goélands et des mouettes). Ces oiseaux sont nuisibles pour la mytiliculture car les goélands sont connus pour raffoler des moules qui sont cultivées sur quelques kilomètres de plage au sud de Quend-Plage-les-Pins. Donc si vous voyez des goélands tomber du ciel comme s'il en pleuvait, ce n'est pas illégal car ces mytiliculteurs ont un permis de chasse pour ces oiseaux. À chaque marée basse, les mytiliculteurs tirent une dizaine de goélands et dans la plupart des cas ils sont encore vivants quand ils tombent du ciel puisqu'ils sont touchés à un aile et en tombant, ils se fracturent l'autre. Les deux ailes cassées, les oiseaux sont condamnés à la souffrance et à la mort par la suite. Puisque quand la marée monte, les oiseaux se réfugient sur des bâches (un banc de sable provisoire qui se forme à marée montante) mais ne pouvant pas s'envoler ou nager à cause de leurs blessures et du courant maritime, ils meurent noyés dans la mer.
J'ai remarqué qu'une personne, après avoir tiré sur un goéland, l'écrasait avec son tracteur, abrégeant ainsi les souffrances de l'animal. Mais heureusement que ces tirs sont interdits dans la Réserve Naturelle de la Baie de Somme puisque les bouchots se terminent quand la réserve commence. Pourtant je ne compte plus le nombre de goélands et de mouettes tués au-delà de la limite de la réserve. Un jour lors d'une de mes balades dans la réserve, j'ai observé une voiture de mytiliculteur qui roulait dans la réserve en direction d'un rassemblement d'oiseaux (goélands et huîtriers). Quand les oiseaux se sont envolés, un d'eux a sorti un fusil et il tirait à l'aveugle dans l'envolée d'oiseaux faisant 3 victimes (2 goélands argentés et 1 brun). Ces tirs sont totalement inutiles, ceci montre qu'une partie des ces mytiliculteurs ne sont pas dignes d'un permis de chasse. Il faut aussi savoir qu'ils ne s'arrêtent pas aux goélands, j'ai observé dans cette même semaine : 2 Courlis cendrés (Numenius arquata), 1 Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) et 1 Bécasseau variable (Calidris alpina) blessé ou mort par balle. Plusieurs ornithologues dénoncent également plusieurs cas de braconage sur des Huîtriers pies et des Spatules blanches (Platalea leucorodia), mais ceci est aussi la cause des chasseurs de la baie. Au sud de la baie, du côté du Hâble d'Ault, c'est l'Oie cendrée (Anser anser) qui est victime de braconnage. Puisque chaque année, des nombreux oeux d'oies sont ramassés, empêchant ainsi l'installation de l'espèce sur des zones non-protégées (contrairement au Parc du Marquenterre).
Revenons aux goélands, si vous en trouvez un sur la plage du littoral picard, appelez le numéro de la Maison de l'Oiseau et de la Baie de Somme: (+ 33) 03 22 26 93 93. Si vous tombez sur plusieurs goélands blessés, prenez celui qui est le moins blessé, car il a plus de chances de survie. Les oiseaux avec deux ailes cassées sont souvent condamnés et seront euthanasiés par un vétérinaire.
Pourtant des solutions pour éviter tout ceci existent, comme des simulateurs de coups de fusils qui sont beaucoup plus efficaces car ils marchent en continue et évitent la mort des oiseaux. Ce que je ne comprends pas c'est qu'ils disposent déjà de deux simulateurs! Et je vois bien la différence entre là où il y a un simulateur (et aucun goéland) et où il y a les mytiliculteurs qui tirent sur les goélands mais qui reviennent déjà après 15 minutes! Je dénonce également que la plupart des tirs sur les goélands sont intitules et surtout injustifiés! Pendant ces vacances, j'ai ramené 3 goélands (sur 3 sorties) et seulement 1 avait une chance de survie... Lors de ma dernière sortie, j'ai compté le nombre de goélands blessés/morts. J'ai marché pendant 1 heure 30 à marée basse et j'ai compté 9 victimes au total! 5 déjà morts et 4 blessés, dont 3 qui étaient condamnés. Quand je suis revenu en sens inverse, la marrée était haute et tout les goélands étaient mort noyés, sauf celui que j'ai pu sauvé (un Goéland cendré adulte). Je l'ai amené au Parc du Marquenterre à pied. Mais le pire dans tout ça est que je l'avais trouvé dans la Réserve Naturelle...
Voici donc le côté plus sombre d'une des plus belles baies au monde.
Goéland cendré (Larus canus) blessé. Contrairement aux autres laridés blessés, celui-ci n'était pas condamné. Je l'ai pris et je l'ai amené au Parc du Marquenterre après 1 h 30 heure de marche. L'oiseau saignait au niveau de la queue et des pattes mais pouvait encore bouger ses ailes








